Unédic : un déficit chronique de plus

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Unédic : un déficit chronique de plus

un déficit chronique de plus

«  Il doit y avoir moins de chômeurs à la fin de l’année qu’au début », a déclaré hier le ministre du Travail Michel Sapin. On ne sait pas si cette phrase correspond à un nouvel engagement, un voeu pieux ou une simple prévision. Une chose est sûre cependant, l’année 2014 va rester terne sur le marché de l’emploi. Elle a du reste bien mal commencé avec la hausse du nombre d’inscrits à Pôle emploi publiée hier, la troisième progression mensuelle d’affilée. Les dernières prévisions de la Commission européenne font état d’un taux de chômage français progressant encore légèrement, à 11 % de la population active cette année, et restant stable à ce haut niveau en 2015, en dépit d’une croissance s’affermissant. Voilà un enseignement précieux alors que les partenaires sociaux gestionnaires du régime d’assurance-chômage se réunissent à nouveau aujourd’hui, et qu’ils sont censés boucler leur négociation d’ici à un mois. Les syndicats, relayés par le gouvernement, affirment qu’il ne saurait être question de réduire d’une quelconque manière les droits des demandeurs d’emploi tant que le chômage est aussi massif. Et que les seules actions à mener doivent viser à accélérer la croissance et à diminuer le chômage, ce qui permettra à l’Unédic de rétablir très vite ses comptes, son déficit étant « cyclique ». Mais cette notion de cycle ne tient plus depuis la crise exceptionnelle de 2008, dont l’Europe et la France ne sont jamais vraiment sorties. Les prévisions de l’Unédic le démontrent : même avec une croissance supérieure à 1,5 % d’ici à 2017, les comptes resteront dans le rouge et la dette doublera pour approcher 40 milliards d’euros. Un gouffre sans précédent qui met en péril l’avenir même du régime et qui ne se résorbera pas en restant les bras croisés. Aujourd’hui, plus de 10 % des allocations sont financées par de la dette. C’est pis, si l’on peut dire, qu’en matière de retraites ou de remboursements d’assurance-maladie… En repoussant les mesures de redressement nécessaires de l’Unédic, la France s’est créé un nouveau déficit chronique. Un de plus. Le régime des retraites, longtemps excédentaire, a basculé dans le rouge il y a dix ans, comme l’assurance-maladie précédemment. Et même la branche famille de la Sécurité sociale, qui n’a aucune raison d’être en déficit, ne parvient pas à retrouver l’équilibre. Les partenaires sociaux doivent donc s’accorder rapidement sur des mesures d’économies. Et l’Etat devrait les y encourager au lieu de freiner. Les propositions du Medef – limitation du cumul des « chèques de départ » et des indemnités chômage, réforme des allocations en cas de chômage partiel, suppression du régime des intérimaires et des intermittents, etc. – montrent qu’il est possible d’en réaliser tout en conservant une couverture de haut niveau.

By | 2014-02-28T18:28:22+00:00 February 28th, 2014|Éditoriaux|0 Comments

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