Parfum de scandale à la Biennale des antiquaires

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Parfum de scandale à la Biennale des antiquaires

Les affaires de faux se suivent et se ressemblent à la Biennale des antiquaires qui ouvre ce samedi 10 septembre, sous la verrière du Grand Palais. Pour le marché de l’art, ce n’est pas bon. Mais les antiquaires spécialisés dans le XVIIIe, qui ont mis le paquet pour présenter des pièces aux provenances irréprochables dans des écrins Grand Siècle comme les galeries Steinitz, Léage ou Gismondi, font le gros dos.

«À court terme, c’est un coup dur pour nous, explique ainsi Benjamin Steinitz, mais à long terme, cela permettra d’assainir ce domaine. Je continue mon métier avec la même passion même si c’est de plus en plus dur de trouver des pièces d’exception et de nouveaux clients qui nous font confiance».

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Le mobilier XVIIIe qui était autrefois l’un des fleurons de la Biennale des antiquaires est réduit à sa portion congrue dans cette 28ème édition où règne, sans l’avouer ouvertement, un climat de suspiscion. Après l’affaire des fausses chaises de Versailles, la galerie Kraemer, célèbre maison fondée en 1875 et aujourd’hui placée sous une procédure de sauvegarde avec un administrateur judiciaire, avait choisi délibéremment de ne pas y être, dans un esprit d’apaisement. Aurait-elle pu faire autrement?

Fausse commode?

Quant à la galerie Aaron, elle n’a pas eu le choix. Celle-ci s’est fait exclure par le Syndicat national des antiquaires, en raison de l’implication de son spécialiste en sièges XVIIIe, Bill Pallot, mis en examen pour «escroquerie en bande organisée» et «blanchiment aggravé» et toujours incacéré à la prison d’Osny.

Il aurait par l’intermédiaire d’un de ses amis Guillaume Dillée, cueilli à son arrivée de Melbourne par l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC), écoulé de faux sièges qui se seraient retrouvés au château de Versailles ou chez de grands collectionneurs. Et pour certains classés «Trésor national». De ce fait, la galerie Aaron s’est faite exclure par le Syndicat national des antiquaires.

Son président Dominique Chevalier n’a pas hésité a être très ferme. Il en va de la crédibilité de son événement auquel Henri Loyrette, l’ancien président-directeur du musée du Louvre, a apporté sa caution. Mais pas de chance. Un autre scandale vient de pointer à l’horizon: celui de la la fausse «commode Oppenordt» aux armes de Colbert, classée Trésor national, qui a trôné dans les nouvelles salles du Louvre redécoré par Jacques Gacia.

Un faux «Trésor national»

Le dossier est embarrassant car celle-ci avait été classée «Trésor national» après sa demande d’exportation en 2009 et avait l’objet d’un appel aux dons auprès des amis du musée. Un décorateur ayant pignon sur la place de Paris se serait vu proposer ce «meuble inestimable» pour 9,5 millions d’euros par Roland de l’Espée. Ayant démissionné de la présidence des amis de Versailles, celui-ci serait parti à l’étranger.

Le Louvre n’a pas tardé à réagir comme l’indique notre confrère Guy Boyer de Connaissance des arts. Jean-Luc Martinez, président du musée du Louvre, a tenu à préciser à Vincent Noce du Journal des arts que «c’est sur notre suggestion qu’ont été menés des investigations, notamment sur la datation du bois qui ont éveillé les premiers doutes». D’après l’analyse dendochronologique, le bois daterait de… 1980. Du faux anciens à s’y méprendre. Tout cela fait bien désordre et sème le trouble.

D’autant que les scandales de faux meubles ne sont qu’une grosse goutte d’eau dans l’océan des affaires à venir. Celle des faux tableaux anciens impliquant le Cranach du prince de Lichtenstein et bien d’autre, avec une filière en Italie en ligne de mire. Et bientôt, celles des faux meubles de Perriand et Prouvé, dont la rumeur enfle du côté de la rive gauche…

By | 2016-09-10T13:02:55+00:00 September 10th, 2016|Culture|0 Comments

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