Nicolas Miguet, invité surprise de la campagne parisienne

///Nicolas Miguet, invité surprise de la campagne parisienne

Nicolas Miguet, invité surprise de la campagne parisienne

Nicolas Miguet, lors d'une manifestation, s'adresse aux militants du Rassemblement des contribuables français, à paris, le 19 janvier 2014.

Il a traficoté la photo sur son ordinateur, tout seul, la nuit, et le 14 février à 1 h 56, jour de Saint-Valentin, il a appuyé sur la touche qui voulait dire « bon à tirer ». C’était BAT et le tout ne lui a pris que quelques minutes. « C’est moi qui l’ai faite », confirme Nicolas Miguet, président du Rassemblement des contribuables français (RCF), auteur de l’affiche qui montre la candidate socialiste à la Mairie de Paris, Anne Hidalgo, les yeux bandés d’un rectangle rouge où s’inscrit en lettres blanches : « Impôts + 40 %, dette + 400 % ».

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Nicolas Miguet, entrepreneur controversé, adore son slogan : « Derrière le sourire ? La facture ! » Cette affiche, aujourd’hui l’objet de polémiques, destinée à la campagne municipale parisienne alors que M. Miguet n’y est pas candidat, a bientôt recouvert les murs de la capitale, des devantures, des poteaux, des palissades. Il dit l’avoir tirée à 10 000 exemplaires. Le responsable habituel du collage du RCF, Antony, 24 ans, assure en avoir reçu le double, 20 000, et autant de l’affiche nationale détournant le poing et la rose socialistes. Le jeune homme, qui ne souhaite pas révéler son nom de famille, en a collé la moitié avec une quinzaine de personnes.

Il raconte avoir été surpris par Mme Hidalgo, mardi 25 février, avenue de Breteuil dans le 7e arrondissement, en train de coller nuitamment. « Elle m’a fait prendre en photo, je pense qu’ils vont me mettre la pression », dit-il.

EXEMPLAIRE COLLECTOR

M. Miguet s’amuse beaucoup. « Séance de remue-méninges sur Skype pour concevoir la nouvelle affiche qui va encore rendre folle furieuse Anne Hidalgo ! ! ! », tweetait-il, jeudi 27 février. « Avis aux collectionneurs, l’affiche Hidalgo du RCF est épuisée… » Et de promettre un exemplaire de ce collector à tous les contributeurs de son parti.

Le président du RCF conversait aussi sur Twitter avec le conseiller politique de Nathalie Kosciusko-Morizet, Jérôme Peyrat, qui, lui, envoyait un lien vers un article du magazine Capital consacré au « plan secret d’Hidalgo pour faire valser les impôts à Paris », avec ce commentaire : « Hidalgoland, le pays de l’impôt. »



La gauche dénonce une « campagne de boules puantes ». Alors que la candidate socialiste s’est engagée à ne pas augmenter les impôts si elle est élue, Bernard Gaudillère, adjoint aux finances et membre de l’équipe de campagne, a dénoncé, jeudi, les erreurs qu’il estime avoir relevées dans Capital.

Jean-Louis Missika et Rémi Féraud, les codirecteurs de campagne de la candidate ont, eux, répondu aux attaques du groupe UMP du Conseil de Paris, du FN et du Parti de gauche concernant l’utilisation des moyens de la Ville pour nettoyer ces affiches. Trois jours durant, la polémique a enflé. « Je pense que les Parisiens sont choqués que les moyens de la Ville destinés à la propreté soient utilisés au profit d’un candidat », a assuré Mme Kosciusko-Morizet lors d’un déplacement dans le 18e arrondissement.

« IL EST JOURNALISTE JE CROIS ? »

C’est ce qu’affirmait aussi Le Canard enchaîné le 26 février, après l’information révélée par le Lab d’Europe 1 : plusieurs mails émanant des services de la propreté de la Ville, dont Le Monde a également eu connaissance, demandent à ce que cette campagne massive d’affichage soit nettoyée. « Je ne vois pas bien ce que cela a d’illégal. Quand des milliers d’affiches sont collées ainsi, et M. Miguet est coutumier du fait, on les enlève », observe Mao Peninou, adjoint chargé de la propreté.

L’UMP parisienne, qui juge cette utilisation des deniers publics « particulièrement choquante », a annoncé qu’elle saisirait la Commission nationale des comptes de campagne. En retour, l’équipe de Mme Hidalgo a dénoncé la proximité de Mme Kosciusko-Morizet avec M. Miguet et demandé que cette opération entre dans ses comptes de campagne.

La candidate de l’UMP ne semble plus bien se souvenir du président du RCF. « J’ai dû être interviewée par lui deux fois, il est journaliste je crois ? Il faudra vérifier dans son journal. Et j’ai été invitée une fois à une soirée-débat », a-t-elle déclaré, mercredi, devant quelques journalistes.

M. Miguet et Mme Kosciusko-Morizet ont déjeuné ensemble le 6 juin 2013 – « de 13 heures à 15 heures », précise-t-il. Auparavant, le 24 mai, NKM avait donné une interview à L’Hebdo Bourseplus – journal dont M. Miguet est propriétaire. Elle a aussi participé à une soirée-débat du RCF le 18 janvier 2014.

By | 2014-02-28T11:46:01+00:00 February 28th, 2014|Avis publics|0 Comments

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