L’Europe de l’énergie, ce champ de ruines

///L’Europe de l’énergie, ce champ de ruines

L’Europe de l’énergie, ce champ de ruines

L'Europe de l'énergie, ce champ de ruines

Il faut aujourd’hui entendre le message de GDF Suez, ouvrir les yeux sur les difficultés rencontrées par les autres grands noms du secteur – les allemands E.ON et RWE, l’espagnol Iberdrola, pour ne citer qu’eux. Le paysage européen de l’énergie est un champ de ruines. Pour des raisons diverses, aucun des objectifs fixés par la politique énergétique européenne n’a été atteint : loin de diminuer, les émissions de gaz à effet de serre se sont accrues dans certains pays, du fait du retour en grâce du charbon ; le développement accéléré de filières renouvelables largement subventionnées a eu pour effet d’alourdir les factures d’électricité des ménages ; il a aussi conduit à une situation de surcapacité qui a détérioré la rentabilité des installations classiques, en particulier celles fonctionnant au gaz . A terme, certains estiment que 40 % des centrales thermiques européennes pourraient être condamnées. Le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, en tire dès maintenant les conséquences en sacrifiant une part significative de ses actifs. Et en tournant, quoi qu’il en dise, le dos à l’Europe. D’autres risquent de l’imiter dans les mois à venir. Sans qu’on sache très bien qui les remplacera, et continuera d’investir pour assurer notre approvisionnement énergétique. Il y a un peu plus d’un an, la Commission européenne avait chiffré à 1.000 milliards d’euros les investissements nécessaires d’ici à la prochaine décennie pour moderniser ou remplacer les infrastructures énergétiques existantes. Une somme faramineuse, qui n’englobe même pas les dépenses liées à la transition énergétique. Et qui n’est clairement plus à la portée d’acteurs fragilisés par des années de crise. Il est temps de leur rendre des marges de manoeuvre en remédiant aux dysfonctionnements qui ont conduit le marché de l’électricité dans l’impasse actuelle. Cela passe par une remise à plat complète de la politique menée en la matière au niveau européen. Cela suppose surtout que les dirigeants politiques mesurent la gravité de la situation et s’emparent résolument du sujet. On en est loin.

By | 2014-02-28T17:11:46+00:00 February 28th, 2014|Éditoriaux|0 Comments

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