Le délicat partage du ciel

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Le délicat partage du ciel

Le temps où les voyages en avion n’étaient réservés qu’à une élite est révolu.

Grâce aux progrès réalisés pour créer des appareils toujours plus performants et moins gourmands en carburant, l’aviation civile a vécu durant les deux dernières décennies sans doute sa plus grande révolution : elle s’est démocratisée. Et l’émergence des compagnies low cost y est pour beaucoup. Jusqu’à récemment, compagnies traditionnelles et à bas coût cohabitaient sans heurts, les historiques estimant que la cible visée n’était pas la même. Oui mais voilà, les low cost ont pris possession de 45 % du ciel européen, progressent sur les autres continents et séduisent aujourd’hui les voyageurs business. Seul le monde plus exclusif des longs courriers leur résiste encore.
 
Face à ce mouvement, les compagnies traditionnelles ont dû revoir leur stratégie : elles ont d’abord fusionné pour créer de grands groupes, ont créé leurs propres low cost et se réajustent encore pour rester rentables.
 
À ce titre, le conflit chez Air France, qui a lancé sa transformation plus tard que ses concurrentes, illustre bien le dilemme auquel sont confrontées les grandes compagnies et leurs employés.
 
«Si on n’évolue pas, on va mourir.» Cette phrase n’est pas celle du patron d’Air France mais d’un employé commercial exaspéré par la grève des pilotes qui craignent eux le dumping social. Trouver la bonne stratégie n’a rien d’évident : faut-il muter totalement en low cost, renoncer aux lignes sur lesquelles les low cost ont le pouvoir, ou adopter une stratégie mixte en trouvant un nouveau positionnement? Ce qui est certain, c’est que l’évolution ne se fera pas sans choix difficile.
 
Le Luxembourg n’est pas épargné par cette refondation du ciel. Au Findel, low cost et traditionnelles sont de plus en plus nombreuses à se partager le tarmac d’un aéroport central en Europe. Quant à Luxair, elle n’a pas la taille d’un grand groupe et sera donc limitée dans ses réorientations stratégiques. Elle ne peut pas pour autant ignorer ce qui se passe autour d’elle si elle veut perdurer. Les négociations actuelles n’en sont que plus cruciales pour toutes les parties prenantes.
 
Delphine Dard

By | 2014-09-24T07:20:21+00:00 September 24th, 2014|Éditoriaux|0 Comments

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