La rentrée tumultueuse de Nouria Benghabrit en cinq actes – TSA

//La rentrée tumultueuse de Nouria Benghabrit en cinq actes – TSA

La rentrée tumultueuse de Nouria Benghabrit en cinq actes – TSA

La rentrée 2016 n’a pas été des plus sereines pour la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghabrit. Le premier acte intervient le jour de la rentrée scolaire et met en scène Sabah Boudris, une enseignante qui fait l’éloge de la langue arabe tout en filmant ses élèves dans une vidéo qu’elle publie ensuite sur les réseaux sociaux.

Largement reprise, la séquence crée la polémique et déclenche le premier conflit de la rentrée entre pro et anti-Benghabrit. Les internautes se déchirent alors sur les réseaux sociaux. Une forte campagne de solidarité est par ailleurs lancée en direction de l’enseignante qui ne s’excusera pas affirmant même ne pas regretter son geste. Une enquête est déclenchée mais cette dernière est toujours à son poste.

La tension à peine retombée, voilà que quelques jours plus tard un nouveau scandale éclate concernant cette fois un manuel scolaire. Un livre de géographie destiné aux élèves de 1ère année moyenne comporte une carte où la Palestine est remplacée par Israël. Cette erreur, qui est largement relayée sur la toile, est un « scandale » admet Nouria Benghabrit. Mais sa déclaration ne l’empêchera pas de faire l’objet d’une nouvelle salve de critiques. Ses défenseurs évoquent alors un énième complot visant à la déstabiliser. « La version homologuée du manuel en question ne comportait pas cette erreur (…) Donc cette erreur relève de la responsabilité de l’éditeur en question », se justifie la responsable dans un communiqué publié le 15 septembre tout en annonçant le retrait « immédiat » de l’ouvrage.

Finalement, la ministre explique deux jours plus tard dans un entretien à El Khabar : «  Nous allons appeler les élèves de la première année moyenne à travers tous les collèges à ramener leurs livres dimanche matin ou dans l’après-midi et les remettre à leurs enseignants qui vont les remettre, à leur tour, aux directeurs des établissements (…) Les livres corrigés seront remis aux élèves deux ou trois jours après », dans le cadre d’une opération qui prendra fin jeudi 22 septembre.

Au cours d’une conférence de presse organisée lundi 19 septembre par le ministère de l’Éducation nationale, le directeur général de l’Entreprise nationale des arts graphiques (Enag) décharge la ministre de toute responsabilité confirmant que « l’erreur a été commise au niveau de l’impression ». Il précise notamment que « Cette erreur a été corrigée dans les 24 heures » et que « la carte erronée a été remplacée», rapportait hier l’APS.

Au même moment, les internautes algériens, partie prenante de ce second acte, sont nombreux à critiquer la différence de traitement entre cette affaire et celle concernant un autre ouvrage affirmant que la population algérienne est composée de « 80% d’Arabes », le reste étant un « mélange de Chaouis, de Kabyles, de Touaregs et de Beni Mzab ». Une fois n’est pas coutume, ce sont les veilleurs du net qui mettent le doigt sur cette allégation douteuse en diffusant le contenu sur Facebook et Twitter, et en faisant part de leurs impressions en utilisant le hashtag #خليط

L’avant-dernier acte de cette tragi-comédie algérienne intervient avec les excuses de la maison d’édition à l’origine de cet atlas, paru il y a sept ans ! « C’est par le biais de TSA que nous avons appris que l’Atlas comportait cette erreur, nous avons immédiatement téléphoné à notre service clientèle pour arrêter les ventes et à notre service technique pour enlever ces données. Le livre corrigé est en voie de tirage et sera dès la semaine prochaine sur le marché », expliquait le DG de la maison d’édition Dar El Houda.

L’inspecteur général du ministère de l’Éducation nationale a indiqué hier que ce département n’est pas concerné par le livre puisqu’il s’agit d’un ouvrage parascolaire. Il explique néanmoins que des mesures sont en cours afin d’encadrer un marché « anarchique ».

Pour éviter toutes futures polémiques les responsables ont par ailleurs annoncé « la mise en place prochaine d’une commission chargée de la surveillance des éditions scolaires ». Au-delà des enquêtes déjà ouvertes suite à ces évènements successifs, le ministère a également affirmé son intention de poursuivre en justice une organisation de parents d’élèves ayant appelé au boycott de l’école.

Ce matin, ce sont les médias qui font l’objet d’un rappel à l’ordre par la voix du président de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel. Zouaoui Benhamadi dénonce un « quasi-lynchage » et un déchaînement médiatique « moralement inacceptable » à l’encontre de Nouria Benghabrit et affirme que « certains médias ont pris une habitude qu’il faut corriger ». C’est le dernier acte de la série. En attendant la suite.


By | 2016-09-21T01:24:49+00:00 September 21st, 2016|Actualités|0 Comments

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