La politique des pataquès

///La politique des pataquès

La politique des pataquès

La politique des pataquès

La politique des pataquès

Pataquès : faute de liaison, ou liaison mal-t-à propos  (ex. PG/EELV, PCF/PS).

Par analogie, grosse gaffe.

 

___________________________________

 

Un article paru sur Médiapart le 22 février 2014 intitulé Dans les basses-eaux du Front de gauche, Mélenchon “creuse le sillon tribunitien” m’a fichu un sale coup de blues. (http://www.mediapart.fr/journal/france/220214/dans-les-basses-eaux-du-front-de-gauche-melenchon-creuse-le-sillon-tribunitien)

 

Depuis quelques années, et après bien des années d’errance, de déchirements et de découragement, j’avais vu, avec bonheur, des forces politiques de la gauche non-socialiste s’agréger en une coalition de partis, en vue d’une action commune. En 2012, lors des élections présidentielles, la présence d’un candidat de ce rassemblement m’avait permis de voter avec enthousiasme, avec le sentiment de construire et la perspective certes insensée mais revigorante d’aboutir. Le score de Jean-Luc Mélenchon avait été un désenchantement. Mais on partait de si loin, de si bas, il y avait tant de débris à rapprocher, unir, fondre que l’on pouvait encore considérer la coupe comme à moitié pleine plutôt qu’à moitié vide. Les législatives qui suivirent firent encore descendre le niveau de la coupe mais on pouvait encore se dire que l’électeur rationnel, réaliste et pragmatique, après avoir chassé Sarkozy et mis en place Hollande, voulait lui donner les moyens de réaliser son programme en amenant à l’Assemblée nationale une majorité de députés susceptible de faire aboutir les promesses électorales. Depuis, on a pu mesurer de quoi étaient capables députés et sénateurs socialistes et de quelle belle manière ils savaient s’asseoir sur leurs engagements, aidés en cela par les culs généreux des écologistes de EELV.

Deux ans de laminage idéologique auraient dû nous mettre à l’abri des chausse-trappes. Mais non. 

Comme dissemblables sont les rats des villes et les rats des champs, il semblerait que socialistes des villes et socialistes des champs le soient également. De même fort grande et la différence entre l’écolo des villes et celui des champs. Cette dichotomie, limite schizophrénie permet dès lors d’envisager de vivre en bonne entente, dans nos cités provinciales, avec le “socialogiste” qui n’a rien à voir avec, nous dit-on, celui de la capitale qui ne cesse de grignoter, dans nos assemblées parlementaires, le droit du travail, les prud’hommes, le pouvoir d’achat, la taxe Tobin et même le pouvoir législatif. L’idéologie n’est donc plus un ensemble cohérent d’idées et de doctrines politiques, économiques et sociales qui oriente l’action. Elle est devenue un concept flou, à géométrie variable qui selon sa localisation géographique est capable de transformisme voire de métamorphose défendant le texte fondateur et son contraire. Dès lors sachant différencier le local d’avec le national, on peut donc à Paris conspuer les renoncements du “socialogiste” avec lequel on fait alliance au Nord, au Sud, à l’Est ou à l’Ouest de ce point névralgique. Ainsi Jean-Luc Mélenchon espère réaliser “des bons scores à Paris, Toulouse ou Montpellier. Voire gagner Grenoble, où le PG fait alliance avec les écologistes* et plusieurs collectifs citoyens, face à un PS allié avec le PCF*, avec le soutien affirmé de Pierre Laurent, le secrétaire national communiste, qui a qualifié ce mercredi dans la cité iséroise, le choix des mélenchonistes de « grave erreur »”. Et “À Montpellier, où les communistes se sont rangés au côté du PG*, mais* les élus PCF ont rejoint le PS*, l’ambiance…est très tendue …ils sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter de la dynamique aux prochaines européennes. Porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, également au Zénith de Montpellier, estime que « dans la situation actuelle, il faut continuer à être unitaire et rassembleur plutôt que chroniqueur de la débâcle de la gauche, et poser les bases pour passer à autre chose ». Selon lui, « on n’a rien à gagner du chaos actuel : le Front de gauche est fort quand il offre une perspective positive »”.

[Passer à autre chose], d’accord mais à quoi? [Poser les bases] mais lesquelles ? [Offrir une perspective positive] pour fortifier le FG ? Il me semble qu’une perspective politique univoque serait plus efficace comme fortifiant. Il faut être [unitaire et rassembleur] mais pour être uni encore faut-il avoir des objectifs communs. On ne peut pas se “rassembler” autour de stratégies opposées et concurrentes. Je sens qu’au second tour des municipales on va nous rejouer la grande scène du vote républicain “utile”. [Utile] mais pour qui et surtout pour faire quoi ?

Le cartel électoral du Front de Gauche ressemble de plus en plus à un é-cartèl-ement” électoral. On est passé du tiraillement à l’arrachement et de l’arrachement au démembrement. Et l’on continue à nous jouer “Embrassons-nous, Folleville” ! 

Normalement un “Front”, c’est pour faire front. A un ennemi commun, un ennemi de classe pertinemment identifié. Et quand l’ennemi, Janus politique présentant un visage libéral d’un côté et de l’autre un profil social, mène de front deux vies parallèles, Dr Jekyll ici et Mr Hyde là-bas, il faut savoir le démasquer, ne pas commercer avec l’un tout en ignorant l’autre face de la créature hybride. S’adonner à une telle pratique c’est favoriser la confusion et le trouble chez l’électeur. C’est fissurer l’agrégat des forces liguées contre l’adversaire, c’est saper la coalition jusqu’à en faire une couac-lition. 

Les 23 et 30 mars 2014, je ne voudrais pas être obligé de me faire porter munici_pâle pour cause de listes incohérentes.

(*) souligné par moi

By | 2014-02-28T18:27:05+00:00 February 27th, 2014|Politique|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment