François Hollande : conversion à la nouvelle politique

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François Hollande : conversion à la nouvelle politique

Le président de la République tente de prolonger l’« unité nationale » en prônant un dialogue républicain avec la droite. Il s’affiche aux côtés de Xavier Bertrand.

Effaçons l’image tenace de l’ancien premier secrétaire du parti socialiste : François Hollande se convertit à la « politique autrement ». Il vient d’appeler Xavier Bertrand (Les Républicains), élu à la tête la région Nord-Pas -de-Calais-Picardie grâce à un bon report des voix de gauche, pour inaugurer à ses côtés, ce jeudi, un monument aux fraternisations pendant la Première Guerre mondiale à Neuville-Saint-Vaast. Il a également fait savoir en Conseil des ministres qu’il recevrait en janvier les nouveaux présidents de régions, de gauche comme de droite, au nom de la nécessité de défendre « plus que jamais l’unité nationale ».

La progression du Front national permet au chef de l’Etat de continuer à tenir cette posture de « père de la nation » qui dope sa popularité depuis les attentats du 13 novembre. Et il se livre à ce « dialogue républicain » avec d’autant plus de délice que Nicolas Sarkozy a, lui, donné ces derniers jours l’image d’un chef de parti empressé de couper les têtes qui dépassaient en interne.

La guerre d’Aubry

Le double geste de François Hollande s’inscrit dans un mouvement plus large, de toute évidence concerté. Manuel Valls reprend depuis quelques jours son flambeau de la refondation politique, persuadé que la prochaine présidentielle imposera un Parti socialiste recentré, ouvert aux « réformistes », et rebaptisé. Il a d’emblée applaudi, ce mercredi, à la proposition de Jean-Pierre Raffarin (LR) de construire un « pacte républicain » gauche-droite pour lutter contre le chômage. Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, a de son côté jeté les bases d’une « Alliance populaire » censée se substituer à la majorité plurielle en attirant des personnalités de la société civile et des associations.

Le PS bouge, surfe sur l’air du temps refondateur, sans que l’on voie vraiment ce qui relève du mouvement de fond ou de la tactique propre à étouffer l’adversaire. La gauche du PS en tout cas s’inquiète. Martine Aubry est repartie en guerre contre Manuel Valls, prête à quitter la majorité du PS (motion A) pour cause « d’inflexion économique » qui n’est jamais venue. La droite, sentant le piège, se montre extrêmement prudente, y compris ceux qui réfléchissent depuis longtemps aussi à une recomposition politique. Alain Juppé en tête.

ccornudet@lesechos.fr

By | 2015-12-17T06:49:38+00:00 December 17th, 2015|Politique|0 Comments

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