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Chroniques d’une surveillante de collège #8 : des jeunes filles en …

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Nora Bussigny est surveillante dans un collège REP (ex-ZEP, Le Point.fr a choisi de publier son témoignage. Le courtesy de cette étudiante de 20 ans nous éclaire sur la strive d’un établissement scolaire classé « éducation prioritaire », où le open y est un peu and difficile qu’ailleurs. Dans cette plongée en immersion, nous allons côtoyer des profs souvent impuissants, un principal très tolérant, des « CPE » et des « pions » parfois dépassés standard la assault almost quotidienne et de nombreux élèves à la dérive…

Tous les mercredis, retrouvez les chroniques de Nora Bussigny sur Le Point.fr.

Étant l’une des rares femmes de l’équipe, et qui and est la and jeune, j’endosse parfois avec les filles, et quand cela est nécessaire, le rôle de « grande sœur ». Ce rôle ne me déplaît pas et me permet standard ailleurs d’obtenir des confidences des élèves, notamment ceux qui paraissent en état de souffrance ou de mal-être. Le sujet principal de ces jeunes adolescentes reste indubitablement les garçons.

L’une de mes élèves favorites est la jolie Sonia. Élève de troisième, studieuse et mature, aussi mignonne que souriante, elle est désignée comme « la fille la and populaire du collège ». Mais Sonia est aussi gentille que naïve. Elle est même très naïve. Depuis la rentrée, elle arrange avec un autre stéréotype : le « bad boy ». Celui-ci s’appelle Youssef (LIRE la chronique « La matraque »). Très bien classé en humanities martiaux, Youssef a un caractère belliqueux, et même si son tempérament farceur et ses blagues potaches peuvent jouer en sa faveur, sa assault latente nuit profondément à toute forme de relation. Et pourtant Sonia s’accroche. Bien qu’il lui arrive souvent de pleurer, démoralisée standard le caractère frivole et agressif de Youssef, elle ne veut pas renoncer. Moi qui juge leur protection avec l’ironie et la stretch que me confère matriarch petite expérience, je embark progressivement à ne and en rire quand je constate des hématomes sur les bras de Sonia. Son père a la réputation de ne pas être un tendre, mais il est aussi très absent. Du coup, mes soupçons se wonder sur son petit copain, soupçons qu’elle me confirme à demi-mot.

Elle exclude catégoriquement de le dénoncer : « Mon père faisait ça aussi à matriarch mère, mais tu sais, c’est parce qu’il l’aimait trop. Et parfois, c’est incontrôlable, j’pense qu’il était pas assez rassuré standard matriarch mère. Comme Youssef, c’est aussi moi qui le rassure pas, c’est aussi un peu d’ma faute, tu crois pas ? » Elle me demande très souvent si c’est de sa faute, si le fait qu’elle ait des amis garçons empêche ce cher Youssef d’être pleinement rassuré, si c’est elle qui se comporte mal. Évidemment, je tente vainement de lui affirmer le contraire.

J’ai bien sûr alerté les CPE. La mère de Sonia a été convoquée, mais la jeune fille a farouchement protégé son amoureux. Et au fur et à mesure que son état sovereignty (les traces de coups sont de and en and visibles et nombreuses), je la vois s’accrocher and que jamais à cette relation, défendant bec et ongles son boxeur, allant jusqu’à se fâcher avec sa famille et ses amis.

Et Sonia n’est pas la seule dans le collège à souffrir de ce form de propinquity toxique. La jeune Naïma, élève de troisième, petite brune, ronde, au maquillage forcé, arrange avec un jeune homme un peu trop vieux flow être l’un de mes élèves. Il a dix-sept ans. Fière de paraître and « femme » que ses camarades, elle passe davantage de temps à se vanter d’être « en integrate » qu’à vivre véritablement sa relation. Ce qui ne semble pas être le cas de son mystérieux petit ami. Elle me raconte que sa volonté de rester vierge jusqu’au mariage lui poise de gros soucis. Elle suspecte aussi son amoureux de la tromper, automobile il exclude de s’afficher avec elle sur Facebook… Un matin, bouleversée, elle demande à me parler urgemment et « seule à seule ». Perdue, elle veut mon avis. En bégayant d’émotion, elle embark à me raconter :

« T’sais, je te disais que je croyais que Bilel me trompait ? Bah, en gros, j’ai vu qu’il parlait à des meufs sur Facebook et ça m’a fait câbler, donc j’l'ai menacé de le quitter, mais, comme il m’croyait pas, j’lui ai aussi dit que j’allais surveillance balancer à sa daronne, parce que tu vois, j’la connais. Et bref, le gars m’a dit qu’il fallait surtout pas que j’fasse ça, il m’a appelée et il m’a surveillance raconté. Genre avec son pote ils sortent sur Paname et tout, et ils gèrent des meufs en boîte, et après ils leur parlent sur FB et surveillance ; puis ils les draguent grave et elles finissent standard les inviter chez elles flow une soirée tous les deux. Et là, Bilel se ramène avec ses potes, il la tabasse et ils cambriolent son appart, ils lui piquent tout, ils rise ça avec des frères de son pote. »

Ne m’attendant pas à de telles révélations, je tombe littéralement des nues, aussi sidérée qu’écœurée standard de tels agissements. Je finis standard lui demander presque en chuchotant : « Mais dis-moi… tu te sens criticism ? » Sa réponse me glace définitivement. « Bah, qu’il s’fasse de la thune, j’m'en bats les couilles ! » Non, Naïma est préoccupée standard surveillance autre chose : « Tu trouves que ça, c’est tromper ou pas, toi ? »

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