Bentley Flying Spur : Pouvoir de séduction

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Bentley Flying Spur : Pouvoir de séduction

Pouvoir de séduction

La Chine !

La Chine : tout y est démesuré, à commencer par le nombre de millionnaires. Une véritable explosion qui transforme l’Empire du Milieu en Eldorado pour les constructeurs de voitures prestigieuses. Bentley n’y échappe pas en voyant la majorité de ses Flying Spur partir vers cette lointaine contrée. Fort de ce constat, le constructeur révise sa limousine et l’adapte aux habitudes de ses nouveaux clients. Que reste-t-il à cette belle Anglaise ?

Changement de nom !

Pour se démarquer de la gamme Continental dont elle est pourtant dérivée, la Flying Spur perd cette première appellation. Et dans le style, les changements sont plutôt nombreux avec une calandre désormais bien verticale qui s’étale devant le quidam comme un symbole de réussite et d’assurance. Le profil, lui, voit un délicat mouvement d’aile pour se muscler l’arrière-train. C’est élégant et finement réussi. A l’arrière, les nouveaux feux semblent se perdre dans la masse. Mais ces 2,4 tonnes de prestige britannique en imposent toujours autant. Quelle allure, quelle présence !

Bienvenue à bord

On ne pénètre pas l’habitacle d’une Bentley comme celui d’une vulgaire citadine. Ici, il s’agit d’une expérience unique, avec du cuir matelassé à tous les étages, du chrome, du bois profond et verni… Bref, le meilleur du meilleur, même si on déplore quelques plastiques détonnant dans cet univers de bon goût. Et attention à la tête ! C’est vrai, les Chinois ne sont pas bien grands… Heureusement pour eux, car ma tête vient percuter contre le ciel de toit, même avec le siège réglé au plus bas !

Avant de réveiller la bête…

Un petit tour sous le capot s’impose : le W12 est toujours en place, d’une cylindrée de 6 litres, mais les deux turbos qui lui soufflent dans les bronches le font bondir de 560 à 625 chevaux, pour un couple de 800 Nm ! La transmission automatique passe à 8 rapports, alors que les quatre roues assurent la motricité.  Voilà qui est toujours aussi gargantuesque, mais Bentley annonce pour très bientôt, le V8 de sa Continental sous le capot de sa Flying Spur.

Silence, on tourne…

Pour démarrer, vous choisissez : traditionnellement, avec la clé à gauche du volant (comme sur une Porsche) ou via un bouton nettement plus high-tech sur la console centrale. Le bruit du W12 reste imperceptible et aucune vibration ne trahit son fonctionnement. Pendant ce temps, familiarisons-nous avec le système multimédia…

Déception : sa présentation manque de classe et les possibilités sont limitées (pas de recherche via Google). Au moins, on lui reconnaît le mérite d’être clair et limpide. Enfin, question technologie, cette Bentley fait l’impasse sur les dernières avancées en date (head-up display, assistant de trajectoire, massage en plusieurs modes…). Pour les derniers gadgets à la mode : achetez une Classe S.

En route…

Avec 625 chevaux, la Flying Spur est capable d’atomiser le 0 à 100 km/h en 4,6 secondes ! Pourtant, on se satisfait de rouler pied léger, de profiter de l’ambiance de bord et du « B » ailé sur le volant. La Bentley survole la route, posée qu’elle est sur ses suspensions assouplies alors que le moteur, lui, reste inaudible. Voilà encore deux concessions accordées au marché chinois. Imperturbable, elle trace sa route dans  une stabilité de locomotive. On se délecte de la qualité de la stéréo capable de faire exploser la carlingue avec ses 1100 Watts !

Bentley, c’est aussi…

De sportivité, il en a toujours été question chez Bentley. Alors pressons l’accélérateur, histoire de voir comme réagit la bête. La boîte ne rétrograde pas et laisse le moteur travailler sur son couple, énorme. L’effort mécanique reste imperceptible mais la poussée devient velue.

Continuons d’enfoncer la pédale de droite, à la course manifestement interminable ! Là, la boîte se réveille, tombe un ou deux rapports alors que le W12 fait entendre un semblant de voix. Rien d’orchestral toutefois, car ce douze cylindres sonne comme un V6 bâillonné. Tant pis pour le panache, car l’accélération, elle, devient monstrueuse.

Le bas du dos solidement massé, la proue légèrement relevée, la large calandre de la Bentley avale tout sur son passage. Les prestations dynamiques sont toutefois entachées par la direction muette en retour d’information et par les suspensions fort souples, quoique réglables. Mais la Flying Spur, c’est surtout et avant tout, une ambiance feutrée avec une réserve de puissance colossale, plutôt qu’une machine de guerre capable d’atomiser tout ce qui roule.

Budget

Bien évidemment, ça choque ! Le prix de base est tout juste sous les 200.000 € : 197.829 € ! Mais vous ne vous contenterez pas du « modèle de base », n’est-ce-pas ? D’autant que les possibilités de personnalisation sont illimitées ! Rajoutez donc un minimum de 40.000 € à la note pour quelque chose de décent et d’à votre goût !

La consommation, on l’attendait pharaonique et… Ce ne fût pas le cas ! Conduite souplement, la Bentley sait se contenter de 15 l/100 km. Voire même moins, avec une moyenne relevée dans notre cas, de 14,6 l/100 km. Ce qui est très respectable au vu de la masse et de la puissance ! Mais faute de temps, nous n’avons pu l’essayer sur un parcours plus complet, avec notamment, l’un ou l’autre tronçon urbain. Et là, nul doute que les valeurs s’envolent rapidement !

Conclusion

Face à une Mercedes Classe S à la pointe de la technologie, la Flying Spur semble provenir d’une autre époque. Son tarif, froidement analysé, n’en semble que plus indécent. Pire : les concessions faites au marché chinois omnipotent ont adouci son tempérament. Mais peu importe : le charme, la présence et l’ambiance de cette noble Lady justifient amplement le tarif. Une pièce d’exception et d’exclusivité qui transforme chaque voyage en véritable événement. Bentley a donc réussi à conserver la flamme qui excuse tout et qui transforme les défauts en traits de caractère. Pourtant, nous attendons avec impatience le V8 qui devrait mieux coller à notre marché et à nos attentes à nous, pauvres Européens…

By | 2014-02-28T18:56:44+00:00 February 28th, 2014|Charme et prestige|0 Comments

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