Aujourd’hui c’est mardi

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Aujourd’hui c’est mardi

Aujourd’hui c’est mardi, et comme chaque mardi, s’il n’est pas retenu ailleurs, Barack Obama va désigner, au cours d’une réunion à la Maison-Blanche, les «cibles» à assassiner cette semaine à travers le monde.

De notre rédacteur en chef

Fabien Grasser

 

Entouré notamment de responsables des services secrets et des forces spéciales, le président américain se voit proposer une liste de noms, parmi des milliers, de terroristes, de terroristes présumés et de membres d’organisations ennemies des États-Unis – ce qui peut faire beaucoup de monde. Le Joint Special Operations Command (JSOC) se charge des exécutions. Le tout hors du cadre du droit international.
 
Endossant à la fois les habits d’accusateur et de juge, ils agissent selon des dispositions législatives aussi secrètes que particulières, adoptées par Washington dans la foulée des attentats du 11-Septembre. Et peu importe si cela finit parfois en bavure quand les commandos se trompent de «cible».
 
Que des États éliminent clandestinement certains de ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis n’est pas inédit, et cela fait partie de longue date du sale boulot des services secrets, qu’ils soient américains, européens ou autres. Le problème qui se pose désormais est que ces pratiques initiées sous l’ère Bush se sont systématisées sous Obama, alimentant par leur ampleur une «guerre sans fin», selon le terme de Jeremy Scahill, journaliste américain d’investigation à l’origine de ces révélations.
 
Et il en va de même pour l’espionnage, à l’image du scandale qui vient d’éclater en Allemagne, où un agent des services secrets allemands est suspecté d’avoir refilé des centaines de documents à la CIA au sujet des enquêtes en cours sur les écoutes de la NSA. Même en pleine guerre froide où l’ennemi était pourtant bien identifié, les Américains tenaient à l’œil leurs meilleurs alliés. Mais force est de constater que la Maison-Blanche en use désormais à grande échelle en instituant, par la technologie, une surveillance touchant très majoritairement des anonymes dont les appels téléphoniques ou courriers électroniques tombent dans les filets de la NSA.
 
Tout cela n’est pas nouveau : Edward Snowden l’a révélé en juin 2013, tout comme Jeremy Scahill l’a fait à propos des assassinats ciblés. Mais comme aujourd’hui c’est mardi, il est bon de s’en souvenir.

By | 2014-07-08T07:23:15+00:00 July 8th, 2014|Éditoriaux|0 Comments

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