Après la nomination, l’action

///Après la nomination, l’action

Après la nomination, l’action

Alors que la situation s’envenime en Ukraine, l’Union européenne vient, en quelque sorte, d’affirmer ses positions en nommant ce week-end les deux personnalités qui incarneront le visage de sa diplomatie.

 
La nomination au poste de président du Conseil du polonais Donald Tusk, très ferme vis-à-vis de Moscou est, pour certains, la plus grande des sanctions que les européens peuvent infliger à la Russie. Mais l’UE, qui est avant tout un projet de paix, a toutefois pris soin de montrer que la discussion est toujours possible en nommant pour contrebalancer l’italienne Federica Mogherini comme nouvelle chef de la diplomatie de l’UE, présentée comme étant ouverte au dialogue avec les Russes et qui a rappelé que dans la résolution de la crise avec l’Ukraine, il n’y a pas d’option militaire.
 
L’Europe vient, en tout cas, d’avancer ses pions sur l’échiquier diplomatique mais, malheureusement, le temps européen ne se superpose pas au temps de la crise : avant que toute l’architecture de la Commission européenne ne soit mise en place et que celle-ci ne soit pleinement en mesure d’agir, il faudra attendre la fin de l’année. Le problème, c’est que la crise ukrainienne ne pourra pas attendre jusque-là. Les Européens le savent et ont promis à Poutine de nouvelles sanctions d’ici la fin de la semaine prochaine, si celui-ci ne retire pas les troupes qu’il aurait déployées dans l’est de l’Ukraine.
 
Or, le dirigeant russe évoque la création d’un statut étatique pour les régions rebelles de l’Est de l’Ukraine et ne semble pas décidé à revenir en arrière. Il présente toutefois cette possibilité comme étant capable d’assurer une fois pour toute la paix. Le président ukrainien, Petro Porochenko, ne voit pas les choses de la même façon et a lui souligné ce week-end que la guerre était sur le point d’éclater ouvertement entre les deux pays.
 
Face à ces menaces, les Européens vont devoir bousculer leur agenda et leur manière de fonctionner car lorsqu’il s’agit de préserver la paix et la démocratie, il y a urgence à agir et les nouveaux visages de la diplomatie européenne doivent être prêts à montrer les muscles, il en va de la crédibilité de l’union.

Delphine Dard

By | 2014-09-01T20:06:33+00:00 September 1st, 2014|Éditoriaux|0 Comments

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